En bref
Ce jeudi 25 mai, une journaliste de la RTBF de l'émission "au quotidien" viendra faire un reportage sur le projet jardin d'abeilles. Il s'agit de filmer un atelier au rucher.
Menu
Page Principale
L'association
Histoire
Classement
Apiculture
Architecture
Photos
Liens
Recherche
Nous contacter
Authentification
Nom d'utilisateur

Mot de passe

Se souvenir de moi
Perdu votre mot de passe ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous
Histoire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Histoire

Les cités-jardins Le Logis et Floréal s'étendent sur une surface de plus de 80 hectares et constituent ainsi la plus grande cité-jardin et l'ensemble le plus important des logements à bon marché construit en Belgique dans l'entre-deux-guerres.

La coopérative Floréal pris naissance dans le milieu des ouvriers typographes bruxellois, sous l'impulsion de J.-F. Husdens, lui-même typographe au journal « Le Peuple ». La coopérative acquis une partie des terrains situés sur le plateau de Watermeal-Boitsfort que la création du boulevard du Souverain venait de mettre en valeur.

L'urbaniste et paysagiste Louis Van der Swaelmen et l'architecte Jean Jules Eggericx se chargeront de la création de ce quartier, de la construction des bâtiments ainsi que des plantations. Il collaboreront avec d'autres architectes tels que Lucien François, Raymond Moenart et Georges Vankerkhoven.

L'agencement spatial fut dicté par le relief du terrain et la cohérence de l'ensemble est liée à l'organisation de la végétation. Les architectes ont opté pour une architecture de style moderniste fortement inspirée des cottages anglais. C'est ainsi que fut construit un ensemble de maisons avec écoles, bibliothèque, magasins, centre médical et autres équipements communautaires.

La construction de la cité-jardin « Floréal » débute en 1922 et la plupart des habitations furent édifiées avant 1930. En 1925, 315 logements étaient achevés. Les premier habitants avaient aménagés dans un quartier sans égouts, sans trottoirs, sans éclairage public. La société décida de transformer une de ses maisons, rue des Cannas, pour y abriter son centre d'activités communautaires; ce sera « La Maison de Tous », lieu de réunion, centre de consultation pour nourrissons et bibliothèque.

Sur le point le plus élevé de la cité-jardin Floréal se dresse l'immeuble du Fer à cheval, bâtiment de dix étages conçu par J.J. Eggericx en 1926-1928. La tour centrale est flanquée de part et d'autre de trois bâtiments de hauteur dégressive à toits plats dont les corniches débordantes permettent un jeu volumétrique élaboré.

L'envolée de cette tour est soulignée par un vitrage continu de briques de verre qui monte jusqu'au sommet, éclairant l'escalier; une succession rythmique des fenêtres accentue cette verticalité.

Il constitue le point central de la cité et présente des magasins au rez-de-chaussée, des logements aux étages et un réservoir d'eau sur le toit.

Outre l'architecture, répondant aux conditions d'habitation minimum tout en y intégrant des qualités artistiques indéniables, l'aménagement des espaces publics, des squares et des jardins furent réalisés avec autant d'attention et de réflexion.

J.J. Eggericx et Louis Van der Swaelmen attachaient beaucoup d'importance au cadre paysager, ils avaient une connaissance approfondie des aménagements verts et de leurs caractéristiques.

Les espèces ont été choisies en fonction de la vitesse de croissance, et donc du coût, mais également afin de valoriser leur architecture sans la masquer.

Les cerisiers du Japon le long des voiries, les peupliers le long des chemins piétonniers, les arbres fruitiers dans les plaines de jeu, les platanes sur les places, les tilleuls palissés mais aussi les haies d'aubépines, de houx, de ligustrum, d'ifs qui séparent les jardins arrières; en façade avant, le lierre, les glycines, les rosiers et les azalées et les rodhodendrons qui couvrent les parterres, toutes ces espèces participent à la réussite de l'ensemble.

Un ensemble remarquable

La décision de classé les Cités Jardins comme ensemble remarquable a été guidée par l'intérêt esthétique, artistique, historique et scientifique qu'elles représentent.

Intérêt historique

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, deux facteurs importants sont d'actualité. D'une part la crise du logement et d'autre part la reconstruction des villes sinistrées. Des conférences furent organisées à l'initiative de l'Union internationale des Villes et de la Garden Cities and Town Planning Association.

Il y fut décidé que seul l'Etat accorderait des subsides pour la reconstruction, l'extension ou l'embellissement des villes qui avaient élaboré un plan d'ensemble accepté par les instances compétentes. C'est ainsi qu'en 1919 fut créée "La Société nationale des Habitations à Bon Marché". Celle-ci adopta le statut de sociétés coopératives et leur accorda de grandes facilités financières. Ce fut le point de départ de la construction des cités-jardins en Belgique.

Tel fut le cas de la construction des cités « Le Logis » d'abord et « Floréal » ensuite. Constitué à l'initiative d'un groupe d'employés de la Caisse générale d'Epargne et de Retraite, « Le Logis » fut fondé dès 1921 et « Floréal » en 1922.

Louis Van der Swaelmen, grand penseur et urbaniste de son époque, publie en 1916 à Leyde, sa terre d'accueil durant la guerre, le premier traité d'urbanisme : Préliminaires d'Art civique. Il y élaborera l'idée de « Park-system » qui avait pour but d'entourer la ville de cités-jardins isolées de la ville par une ceinture verte; le centre de la ville étant consacré aux activités commerciales, administratives et financières.

Le « Kapelleveld », la cité des « Pins noirs » et les deux cités-jardins projetées sur le territoire de Watermael-Boitsfort clôturaient le côté Est de la ville.

Intérêt artistique

Ces cités-jardins ont contribué à l'évolution de la structure sociale étroitement liée à de nouvelles formes architecturales. Elles joueront un rôle essentiel dans l'histoire de l'architecture moderniste en Belgique. De plus, ces deux cités-jardins sont l'oeuvre de personnalités éminentes de l'urbanisme et de l'architecture moderne.

Jean-Jules Eggericx fit ses études à l'Académie de Bruxelles. Il collabora avec des architectes tels Horta, Dewin ou Chambon.

Pendant la guerre, il se réfugia en Angleterre et c'est lors des commissions d'études de l'Union Internationale des Villes qu'il rencontra l'influence de Louis Van der Swaelmen.

De retour en Belgique, il devint l'architecte attaché à l'Office des Régions Dévastées (1919-1921) et directeur du chantier expérimental de l'Etat pour les nouveaux matériaux au Quartier de la « Roue » à Anderlecht. Architecte-directeur et urbaniste des cités-jardins « Le Logis » et « Floréal », il fut également urbaniste de la commune de Watermael-Boitsfort et de la ville d'Ostende.

Fils unique de l'architecte paysager Louis-Léopold Van der Swaelmen, Louis-Martin Van de Swaelmen était bien connu avant la guerre pour son action en faveur de la protection des monuments et des sites. Il partit aux Pays-Bas durant les conflits de la guerre 14-18 et se spécialisa dans l'urbanisme. Il fonda en 1919 la revue moderniste « La Cité » et la Société des Urbanistes belges, il fut également membre des Congrès internationaux d'Architecture moderne jusqu'a sa mort. Les CIAM, créés dès 1928, avait pour but d'établir une doctrine afin de lutter contre le désordre urbainet créer un ordre qui satisfasse aux exigences de la société moderne. Le fonctionnalisme fut un courant novateur. Vander Swaelmen travailla principalement pour la Société Nationale des Habitations à Bon Marché et participa à l'aménagement urbanistique de plusieurs cités-jardins en région bruxelloise comme le « Kapelleveld », la « Cité Moderne » et « le Logis-Floréal ».

Le relief ainsi que la forme irrégulière du terrain, dont le point de départ fut les Trois Tilleuls, déterminèrent le parti urbanistique basé sur une hiérarchisation des voiries.

Louis Vander Swaelmen créa de grandes avenues de 12 mètres de large permettant le trafic dense et le passage de bus, ensuite les tracés résidentiels nettement moins larges et enfin les venelles, chemins piétonniers qui ont pour but d'établir un véritable réseau entre les jardins privatifs qui conduisent à des places et des jardins intérieurs communs.

L'architecture utilisée présente les caractéristiques suivantes :

Maisons de type cottage utilisant la brique faite sur place et le béton dont il faut noter ici l'utilisation précoce. Généralement recouvertes d'un crépi afin de dissimuler les imperfections des matériaux mis en oeuvre, alors encore à leurs premiers balbutiements. Les larges toitures ont une pente de 48° aux extrémités légèrement surelevées. Les châssis quadrillés répondent au module de base d'une standardisation, élaborée pour répondre à une économie de main-d'oeuvre.

Les immeubles situés avenue de la Fauconnerie et rue des Trois Tilleuls, ainsi que l'immeuble du Fer à cheval, le haut bâtiment à l'époque en région bruxelloise, jouent un rôle essentiel dans la vie des habitants mais également dans l'évolution de l'architecture moderniste et fonctionnaliste.

Intérêt esthétique

Les cités-jardins « Le Logis » et « Le Floréal » comptent parmi les plus célèbres et les plus admirés des quartiers résidentiels sociaux de l'entre-deux-guerres en Belgique. Les initiateurs du projet se sont laissé séduire par la beauté du site aux alentours des Trois Tilleuls. Situé à une hauteur de plus ou moins 100 mètres entre le ruisseau de la Woluwe et le Watermaelbeek, ce site offre une vue panoramique sur la Forêt de Soignes.

De plus, les plantations furent réfléchies et étudiées conjointement à l'urbanisme et à l'architecture et furent réalisées rapidement afin de faire de cet ensemble une réussite internationale.

Ici la végétation n'a donc pas pour but de masquer l'architecture mais s'y intègre parfaitement afin de créer un lien entre la nature et l'habitat.

Intérêt scientifique

Le talus boisé qui longe la rue des Trois Tilleuls abrite une colonie exceptionnelle de lucanes. Ce talus serait la station unique en région bruxelloise où l'on trouve cet insecte. Ce coléoptère rarissime et protégé trouve ici des conditions d'habitat idéales (profusion de bois mort et bonne exposition).



Vive A Floréal (ASBL) | Contact